Ağustos 9, 2013

Quelle contamination de l'Océan Pacifique par l'eau radioactive de Fukushima depuis 2 ans ? l'équivalent du niveau naturel de 3 km3 d'eau de mer ou de seulement 1 à 2% sur la zone de pêche interdite de 600 km2

 

Résumé :
« Le total de la radioactivité rejetée dans l’océan pacifique depuis mai
2011 par l’accident de FUKUSHIMA (environ 1000 Curies) représente la
radioactivité naturelle de 3 km3 d’eau de mer. »
… 
« cela représente
donc de l’ordre de
1% à 2% de la radioactivité naturelle dans l’eau de mer de la zone de pêche interdite de 600 km2. Pas vraiment de quoi contaminer gravement les poissons, même
localement là-bas »



Chers amis du nucléaire
propre et respectueux de l’environnement,

Les médias multiplient en ce moment les émissions de radio et de télévision sur
la contamination de l’eau de mer via les nappes phréatiques aux alentours de
Fukushima.


L’AEPN a été contactée notamment pour des interviews sur
RADIO-CANADA, RMC
(matinale), et pour les journaux d’information à la télévision russe.
Certains groupes
anti-nucléaires communiquent également
sur les ondes, à leur manière bien sûr.

Effectivement, lors de l’accident de Fukushima, suite à la fonte des réacteurs
et à la perte de confinement des enceintes, la radioactivité a diffusé aussi
bien dans l’air (atmosphère), que dans l’océan via la nappe phréatique locale
pour une partie. La nécessité de refroidir les réacteurs (s’ajoutant à la perte de
confinement
: écoulement d’eaux contaminées sous la centrale) a conduit à des
rejets de radioactivité dans les alentours proches de la centrale,
contamination qui s’écoule progressivement vers la mer maintenant. Ce n’est ni
nouveau, ni surprenant.

Certains en concluent que l’humanité toute entière serait donc en danger, qu’une
génération de japonais au moins serait “sacrifiée”, que l’océan
pacifique serait gravement contaminé pour l’éternité et que tous les poissons
de cet océan vont sans doute mourir.

Bref il s’agirait (selon certains, incomplètement renseignés) d’une véritable
catastrophe écologique de grande ampleur.

C’est du moins ce que certains groupes antinucléaires voudraient nous faire
croire.

Il convient de nuancer de telles affirmations.


Qu’en est-il exactement ?


 
Voici quelques commentaires à ce sujet :

TEPCO a confirmé que le débit des eaux contaminées se jetant dans la mer à la
centrale de Fukushima est de l’ordre de 300 tonnes (T) (soit 300 mètres cubes
d’eau contaminée) par jour.

La NRA (Autorité de régulation nucléaire japonaise) vient donc de déclarer une
“situation d’urgence”
(source : http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2013/08/06/situation-d-urgence-a-fukushima-en-raison-de-la-montee-des-eaux-radioactives_3457854_3244.html
) ce qui montre qu’ils ne restent pas inactifs et font tout ce qu’ils peuvent.

Il convient cependant de remarquer que 300 T par jour n’est pas le débit d’eau
(fortement contaminée) sortant des réacteurs qu’il faut refroidir et
s’échappant dans l’environnement, soit environ 12 m3 par heure, ce qui
représente le débit de 4 tuyaux d’arrosage de jardin ouverts à fond (environ
3m3/heure chaque).

Il s’agit du débit normal et habituel des nappes phréatiques des alentours
s’écoulant naturellement, comme toutes les nappes phréatiques du monde partout
ailleurs, des montagnes environnantes vers la mer (dans ce cas à Fukushima), ou
vers les rivières (le cas échéant ailleurs). Cette eau est certes localement
contaminée à Fukushima mais beaucoup moins que l’eau refroidissant les
réacteurs, laquelle est presque entièrement recyclée et retraitée au fur et à
mesure (justement pour limiter les rejets). Une partie de cette eau de
refroidissement (faible pourcentage, non précisé par TEPCO) peut fuir cependant vers les
alentours et le sous-sol, les enceintes de confinement n’étant plus étanches.

La quantité de radioactivité déversée dans la mer entre mai 2011 et juillet
2013 serait ainsi selon TEPCO (qu’on ne peut pas accuser de ne pas donner de
chiffres) de l’ordre de 20 000 à 40 000 milliards de becquerels.

Il convient de rappeler à ce sujet que le becquerel est une unité toute petite.

Le corps humain à l’état naturel contient ainsi 8 à 10 000 becquerels.

Cent personnes qui attendent le métro sur un quai à Paris, cela fait donc environ
1 million de becquerels, sans que cette radioactivité présente le moindre
danger pour qui que ce soit, bien évidemment.

C’est pourquoi il a été inventé une autre unité de radioactivité, le Curie
(égal à 37 milliards de Becquerels) pour mesurer les rejets de radioactivité
dans le cas d’accidents tels que celui de Fukushima.

Le rejet évoqué par TEPCO est donc de l’ordre de 1 000 Curies qui se sont
écoulés dans l’océan entre mai 2011 et juillet 2013.


Avant mai 2011 (en mars et avril 2011) ces rejets étaient encore bien plus
importants, mais étaient alors constitués pour l’essentiel d’iode 131 lequel a
une demi-vie de 8 jours et a donc quasi totalement disparu depuis le printemps
2011.

La radioactivité naturelle d’un litre d’eau de mer (K40 notamment) est de 12
Bq/litre.
(source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Becquerel )

Cela représente 12 000 Bq/m3 ou encore 12 000 000 000 000 Bq/km3

La radioactivité naturelle d’un km3 d’eau de mer est donc d’environ 300 Curies.

Le total de la radioactivité rejetée dans
l’océan pacifique depuis mai 2011 par l’accident de FUKUSHIMA (environ 1000
Curies) représente ainsi la radioactivité naturelle de 3 km3 d’eau de
mer.

Cette radioactivité peut certes contaminer les poissons dans l’océan.

Il existe cependant une double protection très efficace pour protéger les
populations humaines consommant les produits de la pêche (le poisson étant un
aliment de base des japonais, ils y sont évidemment très attentifs) :

1 – la pêche est interdite dans un rayon de 20 km autour de la centrale (soit
une surface océanique de 600 km2)

2 – les poissons pêchés sur tout la côte Est du Japon font l’objet de
contrôles/mesures de contamination fréquents et réguliers. Ces contrôles sont
nombreux, systématiques et bien sûr considérablement renforcés au Japon depuis
l’accident.

L’ancienne norme qui était autorisée était de 500 Bq/kg de poisson au Japon
avant l’accident. Cette norme a été réduite et elle est maintenant de 100 Bq/kg
de poisson depuis l’accident.

Cette double protection fait qu’en pratique les taux de contamination relevés
dans les poissons consommés au Japon sont étonnament faibles, malgré
l’accident.

Le volume d’eau dans la zone de pêche interdite autour de Fukushima est de 200
km3 environ (en comptant une profondeur moyenne de 300 m dans cette zone de
l’océan).

Après dilution dans la zone de pêche
interdite, la radioactivité rejetée par l’accident de FUKUSHIMA depuis mai 2011
(1000 Curies) représente donc de l’ordre de 1% à 2% de la radioactivité
naturelle de l’eau de mer dans cette zone de pêche interdite.
Pas vraiment de quoi
contaminer gravement et encore moins tuer tous les poissons, même localement
là-bas.

Cette eau ne reste évidemment pas cantonnée dans la zone de pêche interdite :
l’océan pacifique est une immense zone de brassage de l’eau par l’intermédiaire
des courants qui parcourent cet océan.

Elargissons donc le cercle du raisonnement : le volume d’eau de l’Océan
Pacifique est de 2,8 milliards de km3 (source : wikipedia)

L’océan Pacifique contient donc, avec 300 Curies/km3, environ 900 milliards
de Curies de radioactivité naturelle
, ou encore 30 000 milliards de
milliards de becquerels naturels = 30 000 000 000 000 000 000 000 Bq (on
voit bien à cette occasion que le becquerel est une unité inadaptée et bien
trop petite pour parler de ce genre de sujet).

Après dilution dans l’océan Pacifique, la
radioactivité rejetée dans l’Océan par l’accident de Fukushima depuis mai 2011
représente donc un milliardième de la radioactivité naturelle de cet océan.

(Attention : hoax : cette carte représente en fait 
les vagues du Tsunami et pas la radioactivité ! (source) 
vous voyez que la désinformation est partout 😉 )



Précisons enfin que certaines stations thermales (réputées pour leurs bienfaits
sur la santé) sont bien plus radioactives que l’eau de mer
(jusqu’à 1000 Bq/litre, soit
presque cent fois plus)
et l’on comprend
mieux les ordres de grandeur et l’innocuité de ces doses, même pour les
japonais (a fortiori pour les pays plus éloignés).

Une petite partie de la radioactivité des réacteurs de Fukushima s’écoule des
réacteurs vers l’océan. C’est exact !

Les autorités japonaises décrêtent qu’il s’agit d’une situation d’urgence.

Très bien, c’est parfaitement normal.

Du point de vue de la radioactivité, il n’y a cependant pas vraiment de quoi
fouetter un chat, et encore moins de quoi tuer tous les poissons de l’océan…

Je continue donc à manger mon poisson tranquillement, sans la moindre crainte
de mourir irradié, même s’il vient du Japon ou du Pacifique…

Bien cordialement,
 
Bruno Comby
President de l'AEPN
 
___________________________
 
AEPN - Association des Ecologistes Pour le Nucleaire 
Web : http://www.ecolo.org
 
Sources photos : ici ici ici ici ici  

Autre source en anglais :
http://deepseanews.com/2013/11/true-facts-about-ocean-radiation-and-the-fukushima-disaster/
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